Investir à travers des fonds non en réseaux

Même si certainsréseaux de microfinance ont commencé à créer des fonds pour attirer des investisseurs sociaux, la croissance la plus active des fonds d’investissements en microfinance est observée dans le secteur des fonds commerciaux. Les fonds non en réseaux, dédiés aux IMF et créés par des sociétés comme Gray Ghost, Blue Orchard et Developing World Markets comprennent le gros des 40 fonds créés au cours des trois dernières années.*

En règle générale, ces fonds ciblent un marché institutionnel – des individus fortunés, des fondations et fonds de pension – à la recherche de rendements financiers solides. Parmi ces gestionnaires de fonds, certains sont socialement motivés et visent également des rendements sociaux importants. Un grand nombre de ces fonds ont été commercialisés par des conseillers en placements professionnels en réaction à une demande accrue d’investissements dans la microfinance.

Les investisseurs institutionnels socialement conscients, intéressés par un fonds géré de manière professionnelle et offrant des rendements sociaux et financiers solides, devraient comprendre que toutes les IMF et, par voie de conséquence, tous les investissements, ne sont pas identiques. Récemment encore, évaluer la performance sociale d’une IMF, ou du bénéficiaire d’un investissement, était une tâche ardue, car les meilleures mesures permettant d’apprécier les succès en termes de portée sociale étaient des critères indicatifs, comme la taille moyenne d’un prêt ou le nombre de femmes touchées. En lieu et place de données solides, des renseignements empiriques ont été l’argument de vente du secteur de la microfinance, suggérant que la réussite d’un emprunteur peut être transposée sur un grand nombre ou même la totalité des emprunteurs. L’intérêt accru des investisseurs dans la réussite (ou l’échec) du ciblage des pauvres et de la transformation de leurs vies, les poussent à exiger une plus grande transparence en termes de résultats sociaux des IMF.

Pour satisfaire ce besoin, avec le soutien du CGAP et de la fondation Ford, la fondation Grameen a commandé le développement del’Indice de Passage du Seuil de Pauvreté™. Ce tableau de notation simple, comprenant dix questions, permet aux IMF de créer les profils de pauvreté de leurs clients. Les gestionnaires des fonds peuvent à présent demander des données du PPI aux IMF utilisant l’outil et inciter les bénéficiaires de leurs investissements à envisager de le mettre en œuvre.

Questions à poser

Les investisseurs institutionnels fortement intéressés par les effets sociaux associés à leurs investissements peuvent poser les questions suivantes:

  • Est-ce que les moyens financiers investis atteignent les pauvres et les très pauvres?
  • Au niveau du portefeuille, combien de clients réussissent à sortir de la pauvreté?
  • Combien de temps faut-il, en moyenne, à une IMF, pour que ses clients dépassent durablement le seuil de pauvreté?

Dans la mesure où l’utilisation du PPI s’étend et que les gestionnaires des fonds commencent à intégrer les données dans leurs procédures de due diligence (contrôle préalable), les investisseurs institutionnels comprendront mieux combien de clients pauvres sont couverts par le portefeuille d’investissement et combien de clients sortent de la pauvreté. Des données PPI sur le long terme peuvent aussi aider les investisseurs sociaux institutionnels à définir leurs attentes en termes d’horizon prévisionnel pour aider les clients de la microfinance à franchir le seuil de pauvreté.

Téléchargements

Obtenez davantage d’informations sur l’importance de la quantification de l’impact social, la même diligence raisonnable étant placée sur les rendements financiers.

Due diligence : les Investisseurs Sociaux veulent un Impact et des Rendements Quantifiables

*Capitaux étrangers investis dans la Microfinance: Equilibrer les Rendements Sociaux et Financiers, CGAP, février 2008